Le nom de « place DUMARSAIS » a disparu de la mémoire collective du quartier Saint-Lambert depuis qu’elle a pris le nom de « place Joseph ETIENNE » … Mais qui était donc ce personnage dont le nom apparait à Marseille au XVIIIe siècle ?

César CHESNEAU
De Marseille à Paris. César, fils de Jean CHESNEAU et Louise MAILLARD est né à Marseille le 17 juillet 1676 comme l’indique son acte de naissance enregistré à St-Martin.

Sur tous les documents qui suivent figure le titre : « Sieur du Marsais, mais aucun n’indique à quelle époque le titre de « sieur Dumarsais » lui a été attribué !
« Il fit ses études avec succès chez les Pères de l’Oratoire de Marseille : il entra même dans cette congrégation, une de celles qui a le mieux cultivé les Lettres et la seule qui ait produit un philosophe célèbre, parce qu’on y est moins esclave que dans les autres et moins obligé de penser comme ses supérieurs. Mais la liberté dont on jouit n’était pas encore assez grande pour Mr du Marsais.«
Mr du MARSAIS
Ses débuts à Paris. Il vint dans la capitale à l’âge de vingt-cinq ans, s’y maria et fut reçu avocat le 17 janvier 1704. Il commença à travailler avec un célèbre avocat du Conseil. Mais l’humeur chagrine de sa femme lui fit regretter d’avoir pris un engagement indissoluble. Il lui abandonna le peu de bien qu’il avait et entra au service du Président de Maisons pour veiller à l’éducation de son fils.
L’éducateur. La mort enleva le Président avant qu’il n’ait pu assurer une retraite honnête au philosophe qui resta quelques temps dans cette maison, puis renonça à ce qu’il y avait lieu d’attendre d’une famille à laquelle il avait sacrifié douze années de sa vie. On lui proposa alors d’entrer chez Mr Law pour être auprès de son fils âgé de seize ou dix-sept ans. Après la chute du financier (17 juillet 1720), il entra chez Mr le marquis de Baufremont. Le séjour qu’il y fit est une époque des plus remarquables de sa vie par l’utilité qu’il eut pour les Lettres.
Le philosophe. Mr du Marsais établit une méthode d’apprentissage du latin plus conforme au développement naturel de l’esprit et plus propre à abréger les difficultés. Cette méthode avait deux grands défauts : elle était nouvelle et contenait une critique de la manière d’enseigner alors pratiquée à cette époque. Il développa sa méthode dans un ouvrage « Les véritables principes de la grammaire ou nouvelle grammaire raisonnée pour apprendre le latin » (qui ne parut pas).
L’éducation de messieurs de Beaufremont achevée, il pris une pension au faubourg Saint-Victor dans laquelle il éleva un certain nombre jeunes gens, puis dut y renoncer.
Il ne put jouir de la petite fortune que son fils avait faite au cap François. Monsieur le comte de Lauraguais (de l’Académie Royale des Sciences) en fut touché et lui assura une pension de mille livres.
Il est décédé le 11 juin 1756 à Paris.
Son œuvre. De nombreux ouvrages retracent la vie et l’œuvre du philosophe, du grammairien et du critique de la religion.

la place du Marsais
Le terrain vague sis avant les lices extérieures de St-Victor, a pris le nom de nom de « Place du Marsais » par une délibération du 6 Vendémiaire An V (27 septembre 1796).

Est-ce suite au mouvement anticlérical installé par le commandant de la place de Marseille qui avait chassé les Ignorantins et en hommage au philosophe marseillais décédé cinquante ans plus tôt ? Aucun écrit ne le précise.
Agrandissement de la place. Un litige entre la ville et Martin, propriétaire, nous apprend que la démolition du rempart a permis « l’agrandissement de la place Dumarsais, sur laquelle un marché a été établi depuis lors «

La place a été classée le 28 avril 1855. Son nom n’apparait dans l’Indicateur marseillais qu’en 1865 et plus tardivement encore sur les plans de la ville (la rue d’Endoume, à cette époque, va de la rue Sainte à la rue Corderie).

La place a été renommée ensuite « Place Etienne-Albrand » et définitivement « Place Joseph Étienne » le 22 avril 1904, en remerciement à madame Albrand qui a fait don à la ville de la fontaine d’Amphitrite (œuvre d’Auguste Carli érigée en hommage à son père qui avait été propriétaire en ces lieux). D’après le Dictionnaire des rues de Marseille d’Adrien Blès.
