Au début des années 1880, le Comité de Nivellement Général de la France cherchait un coin abrité sur la Méditerranée pour y installer un marégraphe (appareil destiné à enregistrer les niveaux des marées de la mer). Son choix se porta sur un point de la Corniche.

la Corniche en 1860 avant la construction du Marégraphe

La parcelle convoitée (225 m2) appartenait à Charles Gounelle (qui l’avait achetée en 1854 à Louis Boët). Un premier contrat de vente est établi avec l’administration le 3 mai 1881, mais suite à des modifications (ajout d’un logement de gardien), le contrat est revu à la hausse par le propriétaire âpre au gain ! Finalement l’acte de vente est signé le 22 janvier 1882.

Les ingénieurs du Port de Marseille se mettent au travail dès 1883; Charles Lallemand, ingénieur des mines, secrétaire du Comité de nivellement est chargé de la surveillance des instruments. L’Observatoire Marégraphique de la Corniche est achevé début 1885.

Dans le livre « Marseille,

Zig Zag dans le passé »,

(1984) Pierre Gallocher

commente avec humour

les commentaires

qui suivirent

la mise en service de

« notre marégraphe » :

l’observatoire marégraphique de Marseille

Cet observatoire se compose d’un puits correspondant avec la mer, au fond duquel un flotteur suit les oscillations du niveau de l’eau, lui-même relié par un câble à un appareil enregistreur.

Photos MB; gravure extraite du livre de M. Gallocher

les enregistrements

photo MB prise lors de la visite du Marégraphe organisée par le Comité du Vieux Marseille en 1985

Les diagrammes enregistrés sur des rouleaux de papier par le totalisateur de 1885 à 1988, qui au bout d’un siècle, se détérioraient, ont été numérisés et ainsi conservés. Les mesures ont été recueillies dès 1998 par un marégraphe numérique, remplacé par un appareil plus moderne en 2009.

Le marégraphe participe aussi à la compréhension et au suivi des changements climatiques.

le point zéro du nivellement de la France

C’est grâce à notre marégraphe sis sur notre Corniche que toutes les mesures géodésiques de la France ont pu être établies avec précision. Lorsque sur une carte de France, on lit « Mont Blanc 4810 m« , cela indique l’altitude de ce sommet au-dessus du niveau de la mer, certes, mais comme l’écrivait Pierre Gallocher avec humour, on pourrait aussi préciser :

(pourquoi pas, l’instar de Paris qui enorgueillit d’avoir le point zéro des routes de France (sur la place N.D. )

le marégraphe et les assauts de la mer

Les tempêtes. Le 13 décembre 1916 une violente tempête aussi forte que celle du 21 janvier 1886 a causé beaucoup de dégâts dans la baie de Marseille. Le compte-rendu paru dans le « Le Petit Marseillais » le lendemain l’évoque, mais curieusement ne parle pas du marégraphe qui, cependant, a subi d’énormes dégâts.

Raz-de-marée et tsunami à Marseille. Bien que le marégraphe ne soit pas conçu pour rendre compte d’un tel phénomène, un article de presse paru en 1942 titra le contraire à propos d’un raz-de-marée qui vida le Vieux-Port le 15 juin 1940 :

un titre accrocheur !

Un phénomène semblable appelé tsunami eu lieu le 27 juin 1812 vidant aussi le Vieux-Port https://www.lessentiel.fr/marseille/environnement/voici-plus-de-2-siecles-un-tsunami-vidait-le-vieux-port-de-marseille-2765

les livres

Un ouvrage complet est dû au travail d’Alain Coulomb, ingénieur à l’I.G.N. , passionné par le marégraphe depuis plus de quarante ans : https://www.presses-des-ponts.fr/ouvrage/beaux-livres/le-maregraphe-de-marseille/

mais aussi une BD destinée aux collèges, lycées et universitaires… mais pas que…

publiée par : https://amis-maregraphe-marseille.fr/,

ainsi que des activités ludiques et pédagogiques :

https://lespetitsamisdumaregraphe-2odk46.flutterflow.app/homePage

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