En 1875, Alfred SAUREL a noté dans son dictionnaire des B-du-R. les plantes qui poussaient « jadis » sur les collines marseillaises, et à Endoume en particulier :
» Les botanistes trouvaient jadis sur les collines abruptes (d’Endoume) quelques plantes signalées par M. Derbès* : convolvulus lineatus (liseron), silène brachypetala, trisotum neoletum, mesembryanthemum nodiflorum (ficoîde), trigonella foenum grecum, (« foin grec » apprécié par les bestiaux ), hyoseris scabra (chicoracée), echiium calicimum (vipérine), fort communes alors, maintenant, elles sont rares….

*Alphonse Derbes, botaniste, professeur à la Faculté des Sciences de Marseille, a identifié de nombreuses plantes sur le Mont Redon « Catalogue des plantes qui croissent naturellement dans le département des Bouches-du-Rhône » (Louis Castagne 1862).
Il y a encore à Endoume quelques terrains incultes où l’on peut récolter : bellis annua (pâquerette), crithnum maritimun (les feuilles de ce « perce-pierre », préparées au vinaigre, étaient un condiment apprécié par les marins, en particulier), erodium littorum et erodium chium (plantes du bords de mer, mangées par les bestiaux), lotus allionii ( légumineuse des pâturages).

Dans les campagnes qui s’étalent sur le flan sud de N-D de la Garde, on capture le Deilephila Lineata butinant au crépuscule sur le centhrathus ruber (valériane mangée par les bestiaux). On a la chance d’y rencontrer le Charaxes Jasinus, magnifique exotique acclimaté sur le littoral provençal et qui tend à se propager dans notre localité partout où croit l’Artubus Unedo (arbousier) sur lequel vit sa remarquable chenille. »

Toutes ces plantes sauvages des terrains arides ont tout d’abord nourri les bestiaux, c’est la cause première de leur disparition comme le constate Alfred Saurel;
cf vaches et moutons : https://la-butte-bompard.fr/2023/06/29/les-patures-sur-la-colline-de-la-garde/
cf les pâtures : https://la-butte-bompard.fr/2022/09/23/sur-la-colline-de-la-garde/

*Théodore JOURDAN, peintre de la Provence, a immortalisé des scènes pastorales avec des moutons. Il a enseigné à l’école des Beaux-Arts de Marseille de 1874 à 1903. Le tableau ci-dessus appartient à l’Académie de Marseille.
Par la suite, l’occupation du sol par des maisons de plus en plus nombreuses et des jardins bien entretenus, les plantes sauvages ont été éradiquées sur le versant Sud de la Garde.
Elles réapparaissent parfois de façon inattendue dans les rues de la ville ainsi que d’autres plantes :

On peut encore observer quelques unes de ces plantes entre les pierres d’un vieux mur ou dans le creux d’une roche en bord de mer où elles résistent aux embruns salés.

On retrouve aussi cette flore sauvage sur les sentiers qui conduisent aux calanques marseillaises.

bibliographie
La flore de France (Eclectis)
La flore et les sites des calanques (Philippe Hiely, Robert Giraud)
Les iles de Marseille. Découverte du Frioul (Les Alpes de Lumière)
Ligneux des collines-Guide de détermination (CRDP-Marseille)

Merci pour cet article champêtre et ses illustrations. J’aime beaucoup les fleurs des collines, les fleurs de murailles ou les fleurs de pavés.
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