D’après le « Dictionnaire des rues de Marseille » (Adrien Blès) : Rue Robert. Ainsi dénommée au XVIIIe siècle; classée en 1937. Ex rue Fouquier, nom d’un fabricant de savon qui exploitait là son industrie. Ex rue de la Pelle : instrument utilisé par les savonniers. Sous la Révolution, rue du Jura.

Je n’ai trouvé aucun document faisant référence à l’origine de ces quatre dénominations (Robert, Fouquier, pelle, Jura), mais seulement des archives (cadastre, articles de presse, Indicateur marseillais…) faisant état des habitants de cette voie et de leurs métiers.

D’après le cadastre du XIXe siècle.

Le cadastre de 1827 recense les propriétés (bâties et non bâties) classées par rues, avec les noms et situations familiales des propriétaires, les numéros des parcelles (que l’on peut ainsi localiser sur un plan), leurs usages et leurs contenances.

Maisons aux N° 8, 10, 12, 14, 16, 22

Magasins et hangars aux N° 2, 4, 18, 20, 22

Fabriques : sucre N° 14, savon N° 6, soude N° 24

Au N° 6, est recensée une fabrique de savon (dans d’immenses chaudrons les huiles et lessives sont émulsionnées, chauffées puis subissent plusieurs traitements avant de former le fameux « Savon de Marseille » cf : https://la-butte-bompard.fr/2023/11/27/les-industries-huileries-et-savonneries/

Au N° 24, une fabrique de soude (traitement du carbonate de soude par la chaux pour l’obtention des lessives).

Dans la presse locale

Dans le journal « LE SEMAPHORE » paraissent les ventes aux enchères de propriétés qui donnent de précieux renseignements concernant à la fois les personnes et les biens.

18 rue Robert
14 rue Robert

Dans l’Indicateur marseillais

De 1842 à 1852, les habitants y sont répertoriés selon leur profession.

la fabrique de savon, 3 rue Robert, figure parmi les 60 citées en 1852

Ensuite le classement est établi par rues.

Le layetier fabrique des coffres, des caisses en bois.

Dans le journal des délibérations de la ville

En 1870, Robert Musso, fabricant de savon, a avancé la façade de son établissement, 9 rue Robert, pour se conformer au nouveau plan d’alignement.

Fabricants et habitants

Les fabricants de savon se sont installés bien avant le 19e siècle dans les rues entre le quai de Rive-Neuve et le bd de la Corderie -et dans la rue Robert en particulier- car ils étaient proches du port par lequel arrivaient les marchandises, et proches de cette mer où ils pouvaient se débarrasser des déchets dits « terres des savonneries », qu’ils amenaient par le « chemin des anciennes Infirmeries » jusqu’à la batterie du Pharo, ou l’anse des Catalans ! cf le livre sur la pollution savonnière à Marseille 1750-1850 : https://books.openedition.org/pur/111365?lang=fr

Les ouvriers ont occupé les lieux, lorsqu’à la fin du 19e siècle les fabriques de savons, jugées trop polluantes, ont dû s’éloigner de ce quartier. Y ont été recensés tonneliers, savonniers, layetier, emballeur, portefaix, poulieur, charretiers, ainsi que de nombreux journaliers (tous travaillant pour des entreprises proches), et aussi des marins, des navigateurs et des calfats (ouvriers dans un chantier naval).

Un incendie

Parti le 1er mars 1881 vers 2h du matin de la fabrique d’huile de Mr Verminck (bd de la Corderie), le feu qui s’était d’abord déclaré dans l’étage supérieur du côté de la rue Robert a rapidement envahi l’immeuble.

Transformation de la rue Robert

de la vue aérienne IGN 1946…. à celle de google earth 2026

Laisser un commentaire