
Un tronc étrange… une frondaison généreuse… des chatons se balançant dans les branches au printemps… Mais quel est donc cet arbre inattendu sur un trottoir marseillais (rue Pascal) ?
Le guide de détermination « Les ligneux des collines », (édité par le CRDP de Marseille en 1988), m’a permis de l’identifier à partir de ses feuilles, et de connaitre ainsi son nom, ses caractéristiques, son histoire.

Il y a 3 nervures en éventail, plus longues que toutes les autres…il y a d’autres nervures qui partent de chaque côté le long de la nervure principale… MURIER de CHINE. Broussonetia papyrifera. Moracées.
Son nom français : Murier à papier a pour origine son nom latin broussonetia papyrifera.
« Broussonetia » : lui a été donné en mémoire du botaniste Pierre Broussonet qui l’a introduit en Chine à la fin du 18e siècle;
« papyrifera« : vient de papyrus (support d’écriture en papyrus) et fera (porter), donc « qui produit un support d’écriture ».
Car effectivement, les fibres végétales du murier, regroupées en faisceaux dans la couche interne de l’écorce, servent à faire du papier très doux en Chine depuis le 2e siècle av. J.C. et aussi un tissu non tissé souple et résistant avec ses fibres.

Des feuilles, qui ressemblent à celles d’un figuier (de la même famille des Moracées) émergent au milieu des thuyas du petit jardin voisin; le « Guide de détermination » révèle qu’il s’agit aussi d’un murier de Chine !

Le bord de la feuille a des dents bien pointues… il n’y a que 3 nervures qui partent du bas de la feuille… la queue de la feuille ne donne pas de lait si on la coupe …
Ces feuilles appartiennent à l’un des petits muriers qui ont poussé dans le jardin de la Villa Dona et sont des drageons du vieux murier !

Le drageon est une jeune pousse qui sort du sol à une distance proche des racines de l’arbre originel (comme on le voit sur la photo ci-dessus).

Au printemps, des chatons pendent sur les branches de cet arbre : ce sont des inflorescences mâles (qui ne sont portées que par un pied mâle).
Le pied femelle (non présent ici, porte des glomérules globuleux qui donnent des fruits).
Pour en savoir plus…
Le murier de Chine colonise facilement les sols pauvres, même calcaires, ce qui explique qu’à Marseille il ait été adopté depuis plus d’un siècle (on compte 218 de ces arbres dans les parcs et jardins de la ville en 1935, mais aucun recensement chiffré n’est accessible en 2026).
A noter que le murier de Chine est considéré comme sacré au Japon, que son pollen est allergisant (ce que j’ai aussi ressenti en touchant simplement ses feuilles), que ses feuilles donnent une teinture vert-jaune, et qu’on peut en tirer un pesticide.
Dans les rues voisines

Adieu le beau murier de la rue Pascal
Victime de son âge (probablement) et de l’été caniculaire (certainement), le tronc de ce beau murier a éclaté… l’arbre devenant un danger sur le trottoir (d’une voie publique) a dû être abattu ce 29 septembre 2026.


